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  • HAMLET
  • « En ce sens le mot qui aujourd’hui m’irrite le plus est celui de dépoussiérage (je veux dire des classiques). Et non point parce que la mode change, mais parce qu’en effet il dit quelque chose que je refuse : l’idée que les œuvres seraient intactes, luisantes, polie, belles, sous une couche de poussière, et qu’en ôtant cette poussière, on les retrouverait dans leur intégrité originelle.

    Alors que les œuvres du passé sont des architectures brisées, des galions engloutis, et nous les ramenons à la lumière par morceaux, sans jamais les reconstituer, car de toute façon l’usage en est perdu, mais en fabricant, avec les morceaux, d’autres choses. Églises romanes faites avec des morceaux de bâtiments antiques. Ou mieux encore, vieux hôtels du Marais transformés en magasins ou ateliers par des gens ingénus, ingénieux, qui coupaient les chambres dans le sens de la hauteur, et malheureusement aujourd’hui restaurés.

    Je les aimais pour leur nouvel usage. Le dépoussiérage, c’est la restauration. Notre travail à nous est tout au contraire de montrer les fractures du temps.
     »

    (Antoine Vitez, Marge 1 Mettre en scène aujourd’hui. Des classiques (I) – échange avec Danielle Kaiserbruger – dialectiques, n° 14, Été 1976)


    Hamlet de Shakespeare, comme une façon d’entrer en relation avec ce qu’on a de plus intime et de plus humain.

    Cinq acteurs/techniciens pour raconter et jouer ce conte danois, dans un dispositif au plus proche du public. Un théâtre tantôt adressé, tantôt incarné, un théâtre partagé et généreux où le spectateur au cœur du dispositif prend une part active au récit et construit le spectacle avec nous.

    Traquer la vérité en écartant toutes formes d’esthétisme et d’illusion. Parce qu’il s’agit de susciter, signifier, provoquer plutôt que proférer.

    Dans une économie de moyens ; sans décors, ni costumes, sans effet lumière, ni effet son, le dénuement comme valeur universelle pour toucher le plus grand nombre et comme élément primitif et essentiel au théâtre : l’acteur.

    Il ne s’agit pas de représenter le réel mais d’être le réel.

    La représentation comme un écho à nos répétitions, sortir du texte, faire des incises, des arrêts, des coupes, des commentaires. Un théâtre de l’urgence qui fait exploser la notion d’âge et de sexe. Qui nous expose, nous engage, parfois même dans les contre-allées…

 

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